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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 21:57



Ces dernières semaines, nous préparions activement notre voyage : démarches administratives, validation des chambres, vérification du matériel …

 

Mais moi, je n’avais qu’une idée en tête : m’acheter un canif.

 

En effet, je me suis toujours dit qu’un voyageur sans son couteau, c’était un peu comme un cow-boy sans son colt, comme un frigo sans magnet’, comme le tour de France sans dopage, …

 

Avoir un canif en voyage, c’est sentir que rien ne peut nous arriver. Un canif, c’est toute l’intelligence de l’homme concentrée dans quelques centimètres de métal. Vous pouvez tout vous permettre avec cet objet : envie de tartiner son kiri en plein désert, d’ouvrir une bonne bouteille au fin fond de la pampa, de décapsuler sa 1664 sur la banquise …

 

Mais plus que ces insignifiantes broutilles, avoir un canif, c’est pouvoir se prendre un court instant pour un héro oublié de notre mythologie post-moderne : Mac Gyver.

 

Lorsque que j’étais gamin, je pensais qu’en achetant un de ces couteaux Suisses, je pourrais moi aussi briller par mon ingéniosité et ma débrouillardise.

Après un 1er échec cuisant (j’étais persuadé que je pourrais démonter, mais surtout remonter, la voiture télécommandée de mon petit frère !) je constatai qu’il me faudrait prendre un peu de recul avec les séries télé.

 

Ce petit couteau multifonction signa aussi ma 1ère rencontre avec la Dame mondialisation. En effet, cette authentique œuvre d’art rouge vif, marquée d’une petite croix blanche garantissant sa provenance, était en fait étiquetée made in China !

 

Mais trêve de nostalgie. Il était temps pour moi de reprendre contact avec cet outil. Je me suis donc dirigé vers un magasin spécialisé.

 

Le canif m’attendait sagement dans sa vitrine lumineuse. Le vendeur au badge estampillé « Rayon montagne » libéra le saint graal de sa prison de glace.

 

Une fois en main, je dépliai fébrilement la lame jusqu’au petit claquement. C’est à ce moment qu’un souvenir enfoui dans ma mémoire, au fond du tiroir « honte de l’enfance » ressurgit. C’était pour mes 10 ans, et lorsque l’on m’offrit mon 1er canif, j’avais été incapable de replier la lame dans le manche, m’obligeant alors à réclamer mon père pour ouvrir et fermer mon couteau à chaque fois que je devais l’utiliser. Imaginez la situation embarrassante pour moi. Un peu comme si un dictateur été obligé de prévenir la ligue des droit de l’Homme à chaque fois qu’il s’apprêtait à envahir un pays ou commettre un génocide.

 

Mais revenons à notre magasin et à ce fameux claquement qui permet à l’utilisateur de savoir que la sécurité bloque la lame. Il n’est pas précisé dans la notice que pour ranger la lame, il faut comment dire, faire preuve de force et d’habilité. Comme depuis mes 10 ans, ces deux qualités n’ont jamais vraiment exprimées toute leur potentialité (c’est une façon pompeuse de dire qu’aujourd’hui encore, je suis gauche et sans grande force physique !), je me suis évidemment coupé en refermant la lame, devant le regard inquiet du vendeur.

 

« Je le prends » dis-je en entourant mon doigt d’un kleenex.

 

Je suis maintenant chez moi, seul avec mon nouvel ami.

 

Il est complet : 2 lames, un tire bouchon, un tournevis, un cure dent, un décapsuleur, une aiguille,  un ouvre boîte, …  

 

Je le garde fièrement en main et ferme les yeux en imaginant les aventures que nous allons partager…

 

… ouais, bon … ça pourrait vraiment se passer comme cela.

 

Au début, c’est vrai, toutes les occasions sont bonnes pour le sortir, mais finalement :

 

La lame : on la sort rarement (pour éviter que du kiri viennent obstruer les rainures par exemple).

L’ouvre boîte : bon, ben, on mange au restaurant, alors … pas de boîte de raviolis à ouvrir.

Le tournevis : faudrait encore que l’on sache bricoler !

L’aiguille : vous vous voyez, vous, faire de la couture ?!?

Le cure-dent : c’est le 1er truc que l’on perd sans s’en apercevoir …

 

Bref, après plusieurs semaines, on fini par ne plus savoir dans quelle poche il dort.

 

Et lorsque l’on retrouve ce satané canif, il nous rappelle avec violence que nous ne sommes pas des aventuriers.

 

Moralité tranchante : à 10 ans, on rêve d’un canif pour découvrir le monde, à 30 ans c’est pour se servir du tir bouchon !

Par Le Déboussolé - Publié dans : Objets de voyage - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Commentaires

Une ptite nouvelle sur le canif : fallait y penser ! (ou plutôt y panser, pas vrai whitee ?) belle histoire qui fait monter la pression vers l'aventure...
Commentaire n°1 posté par PACK ATTACK le 20/07/2008 à 22h27
Je confirme, il s'est vraiment coupé avec, pas plus tard qu'aujourd'hui pour le prendre en photo !!!
Commentaire n°2 posté par La déboussolée le 20/07/2008 à 22h31
Moi j'ai envie de te dire que tu as fait un pas supplémentaire vers la maturité mais il te manque encore semble-t-il le simple bon sens qui te ferait comprendre que ton plus grand atout pour partir à l'aventure ne sera pas ce minuscule gadgeto-couteau mais, et ça me paraît une évidence, la femme qui t'accompagne! Et oui, car la femme, c'est toute l'intelligence de l'homme concentrée à laquelle tu rajoutes le charme, l'intuition, la finesse. Bref, même si elle n'arrive pas à décapsuler ta 16 au fin fond du Portugal avec ses dents, je suis sûr qu'elle te fera juste penser à emporter un tire-bouchon pour votre pique-nique.
Commentaire n°3 posté par Manue le 20/07/2008 à 22h34
Manue, comme tu es celle qui m'a appris à jouer au poker, je ne répondrais pas à tes sarcasmes ;) Ce canif m'a inspiré. Mais pour ceux qui ne me connaissent pas encore, il faut faire le tri entre tranches de vie autobiographiques et parties largement romancées ... Je vous laisse deviner ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas. A ++++
Commentaire n°4 posté par Mr Whitee, le déboussolée le 21/07/2008 à 07h56
Suite à la réponse de Mr Whitee ... j'espère ne jamais trouver de tranche de quoi que ce soit dans ce canif ... surtout que la première utilité a été de se couper le doigt ! Je souhaite une longue vie à ce canif et qu'il serve en toute occasion mais surtout pour ouvrir des 1664 ! Bon vent petit canif !
Commentaire n°5 posté par robicoco le 21/07/2008 à 08h23
Trop bon la petite histoire du canif, j'ai plus envie de bosser maintenant, bravo ! Merci les déboussolés.
Commentaire n°6 posté par Lizoo le 21/07/2008 à 11h28
Mdr, va pas te faire becter en pleine forêt par un prédateur qui serait attiré par le sang...tout ça parce que tu t'es coupé avec ton canif...
Commentaire n°7 posté par Lemu le 21/07/2008 à 12h37
Ha ouais, comme dans shark attack !!!!!
Commentaire n°8 posté par Mr Whitee le 21/07/2008 à 12h47
c'est le drame. Mac gyver ne possédait pas de canif et pour preuve à découvrir sur votre mail.
Commentaire n°9 posté par nellotte le 21/07/2008 à 18h58
Bah, pas besoin de canif pour Mac Gyver un emballage de chewing gum et hop j'te fabrique une tente pour Pete Thornton
Commentaire n°10 posté par Lemu le 21/07/2008 à 19h06
Fais attention dans les aéroports ils aiment pas les canifs(à part en soute).Pour preuve un douanier marocain a gardé le mien a Marrakech.....
Commentaire n°11 posté par DJ le 22/07/2008 à 18h22
Yo, DJ !! Content de te voir ici !!!
Commentaire n°12 posté par Mr Whitee (le déboussolé) le 22/07/2008 à 21h40
Pour Nelotte : merci j'ai bien reçu ton mail. J'avais oublié que le 1er outil de Mac Gyver était bien le trombone. A ++
Commentaire n°13 posté par Vincent (Le déboussolé) le 25/07/2008 à 13h46
Vous êtes tous les mêmes lol mais c'est pour ça qu'on a toujours un homme dans notre vie lol
Commentaire n°14 posté par delphine le 02/08/2008 à 22h48
Ta conclusion prouve que tu deviens un homme et que tu as tout compris à la vie ptigars !!!
Commentaire n°15 posté par pad le 13/08/2008 à 01h38
moi j'ai tjrs voulu avoir le couteau de rambo plutôt qu'un vulgaire canif
Commentaire n°16 posté par PACK ATTACK le 13/08/2008 à 14h04
J'ai sorti le canif dernièrement pour lire le numéro de série sur mon modem. Et oui, il contenait la seule loupe de la maison. Merci cher canif, même chez tu viens à notre secours. Véro
Commentaire n°17 posté par Véro le 12/12/2008 à 21h12
Moi aussi j'ai une âme de Mc Gyvette, mais j'ai la fâcheuse, mauvaise habitude d'oublier de le mettre en soute... La dernière fois c'était au retour de Martinique. bouuuh quand je repense à mon canif...snif
Bonne fin de semaine
Commentaire n°18 posté par michelle le 19/03/2009 à 19h31
 
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